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    LA PENSEE MAGIQUE

     
     
                 Les druides avaient conclu un pacte d'alliance
                 avec la forêt : l'âme collective des végétaux, avec
                 les fées, les elfes et les nymphes logeant dans les
                 racines et les cavités naturelles, n'avait aucun
                 secret pour ces Hommes des bois qui connaissaient
                 le mystérieux langage des feuilles, des roches et
                 des eaux.
                 Une profonde tradition chamanique soutenait les
                 croyances de ces magiciens de la nature, peut être
                 pas aussi raffinés que les Grecs et les Egyptiens,
                 mais pétris d'une culture essentielle, initiés au
                 savoir ésotérique au coeur des forêts.
                 Des trois sous-groupes composant la classe sacerdotale
                 ( les druides, les bardes et les files ), les druides
                 étaient les seuls versés dans les pratiques
                 magiques proprement dites. Les deux autres, en
                 revanche, accomplissaient des fonctions liées à la
                 poésie et à la prédiction. A l'instar des chamans,
                 les druides servaient d'intermédiaires entre les
                 hommes et les esprits des forêts, soignaient les
                 malades grâce à l'alchimie des plantes, communiquaient
                 avec les âmes exilées dans l'au-delà en les
                 rappelant parfois dans le monde, maîtrisaient l'art
                 sacré du tambour, le bohdron, agissant directement
                 sur le rythme cardiaque, et déchiffraient le destin en
                 examinant le déplacement, produit par la percussion
                 du tambour, de vingt-cinq coquillages ou pois
                 secs placés selon un schéma spécifique. De la
                 même manière, ils interprètent la course des nuages,
                 le vol des oiseaux, le murmure des eaux et la
                 disposition de baguettes d'if, coel bren, ou de
                 pierres particulières, coel fair. Ils ne dédaignaient
                 pas non plus les pratiques chamaniques fondées
                 sur l'absorption de substances enivrantes, étonnamment
                 ancrées dans leur tradition, comme l'amanita muscaria
                 ou la fumée résineuse engendrée par la combustion
                 du bois d'if, qui favorisait la clairvoyance.
                 Assimilée à la manifestation de l'âme,la musique
                 revêtait une importance capitale : les druides
                 jouaient avec aisance de la flûte et de la harpe,
                 comme l'enseigne le Dagda lui-même, le divin
                 harpiste capable de tirer des mélodies enchantées
                 de son instrument.
     
              

    NECRONOMICON extrait

     
              DES ANCIENS ET DE LEUR DESCENDANCE
     
             Les Anciens furent, sont et seront.
             Des étoiles obscures, ils vinrent là où l'Homme était né,
             invisibles et repoussants.
             Ils descendirent sur la Terre primitive.
             En dessous des océans,ils couvèrent au cours des âges,
             jusqu'à ce que les mers se retirent ; puis ils pullulèrent sur la Terre.
             Sur les pôles glacés, ils édifièrent de puissantes cités
             et sur des hauteurs, les temples de ceux que la nature ne reconnait pas
             et que les dieux ont maudits.
             Et leur descendance envahit la Terre, et leurs enfants souffrirent à travers les âges.
             Il ont construit de leurs mains les huttes de Leng.
             Et les entités terrifiantes qui demeuraient dans les voûtes primitives de Zin
             les reconnaissaient comme leurs dieux.
             Ils ont engendré le Ha-Hag et le Entités Lugubres qui règnent sur la nuit
            Le Grand Cthulhu est leur frère, les Shaggoths velus leurs eslaves.
            Les Dholes leur rendent hommage la nuit dans la vallée de Pnoth
            et les Gugs chantent leurs louanges sous les cimes de l'ancienne Throk.
            Ils ont marché au milieu des étoiles, et ont parcouru la Terre.
            La cité d'Irem dans le grand désert les a connus ; Leng les a vus passer
            dans le grand Désert Glacé, et la Citadelle sans âge dressée sur les hauteurs
            couronnées de nuages de Kadath.
            L'inconnue porte leur marque.
            Les anciens ont avidement foulé les chemins des ténèbres
            et leurs blasphèmes ont inondé la Terre.
            La création toute entière s'est incliée devant leur puissance
            et a reconnu leur perversité.
            Et les dieux plus anciens ouvrirent les yeux,
            et constatèrent les abominations de ceux qui ravageaient la Terre.
            Dans leur colère, ils se dressèrent contre les anciens,
            qui demeurèrent dans leur injustice, et les rejetèrent de la Terre dans le vide
            en des espaces où règne le chaos,
            et qui n'abritent aucune forme.
            Et les dieux plus anciens apposèrent leur emblème sur le Grand Porche
            et les Anciens ne purent rien contre sa puissance.
            Alors l'affeux Ctulhu surgit des profondeurs
            et entra en fureur contre les Gardiens de la Terre.
            Et ils lièrent ses griffes venimeuses par de puissantes imprécations
            et l'enfermèrent dans la cité de R'lyeh où,enseveli sous les vagues,
            il dormirait et rêverait de la mort jusqu'à la fin des temps.
            Et derrière ce Porche vivent maintenant les Anciens.
            Non pas en des espaces connus des hommes, mais dans les espaces qui les séparent.
            Hors des sphères terrestres, ils errent et attendent toujours le moment du retour.
            Car la Terre les a connus, et les connait à jamais.
            Ces Anciens considèrent comme leur maître Azathoth, le fou informe,
            et demeurent avec lui dans la caverne noire qui se trouve au centre de l'infini.
            C'est là qu'il dévore voracement, dans un chaos total,
            au milieu du battement dément des tambours cachés,
            le son discordant d'horribles flûtes et les hurlements incessants de dieux aveugles  idiots
            qui se trainent et gesticulent sans but pour l'éternité.
            L'âme d'Azathoth se trouve à Yog-Sothoth et fera signe aux Anciens
            lorsque les étoiles indiqueront qu'est venu le moment du retour.
            Car Yog-Sothoth est le Porche par lequel passeront ceux qui peuplent le vide
            lorsqu'ils reviendront.
            Yog-Sothoth connait les dédales du temps,
            car le Temps est Un pour lui.
            il sait d'où les Anciens sont sortis, en des temps reculés,
            et doù ils sortiront lorsque le cycle recommencera.
            Après le jour vient la nuit.
            Le temps des hommes passera et ils retourneront là d'où ils sont venus.
            Vous saurez alors qu'ils n'étaient qu'impureté, et maudits.
            Ils auront souillé la Terre.